Réseau de recherche sur les petites sociétés

À propos

Le Réseau de recherche sur les petites sociétés cherche à faire la promotion et la diffusion de travaux portant sur les sociétés dites petites. Si l’existence des petites sociétés est reconnue à l’échelle internationale, il est rare qu’elles constituent le prisme par lequel se pensent les enjeux de l’agir humain face aux défis de notre temps. Il s’agit, pour le Réseau de recherche sur les petites sociétés, de penser le monde à travers « l’autre bout de la lorgnette ».

En effet, la notion de petite société nous apparaît apte à constituer une approche particulière au monde, et un outil de compréhension des enjeux sociétaux contemporains. La petite société évoque la condition empirique des sociétés marquées par un mode d’existence non-hégémonique, par « la conscience de la fragilité du destin historique » et par les efforts constants de « faire société », c’est-à-dire de maîtriser sa propre historicité. Sur un mode dialectique, le terme de petites sociétés évoque à la fois le désir de « faire société » et l’impossibilité de définir l’ordre du monde; le désir de faire l’histoire et les difficultés d’entrer dans l’histoire mondiale; la prétention à la totalisation et l’expérience de la précarité; la fragilité et la créativité.

À ce titre, si la notion de petite société semble tout particulièrement apte à saisir la réalité globale des sociétés non-hégémoniques, elle invite également à réfléchir un ensemble de phénomènes et de processus sociaux à l’aune de la catégorie heuristique de la « petitesse ». Cette position épistémologique permet de mieux dégager tous ces lieux où s’effritent et résistent les liens collectifs; de mieux lire certaines modalités d’expression de l’identitaire; de rendre visibles les espaces publics de conflits territorialisés ; les nouvelles modalités de la tension culture-civilisation ; le statut de la culture comme facteur de la politique. En contexte de modernité avancée, de mondialisation et d’affaiblissement des États nations, l’expérience de la « petitesse » déborde l’expérience historique et idéal-typique des sociétés dites petites. Elle est désormais vécue, à de multiples niveaux sociétaux, dans un nombre croissant de réalités individuelles et collectives. Paradoxalement, l’étude des petites sociétés et de la « petitesse » offre une fenêtre privilégiée sur les phénomènes universels de notre temps.

Le Réseau de recherche sur les petites sociétés s’appuie principalement sur les activités du Comité de recherche « Petites sociétés et construction du savoir » de l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), fondé en 2000, lui-même redevable des travaux du Groupe de travail « Problèmes balkaniques » de l’AISLF fondé en 1994 et renommé Groupe de travail « Sociétés du Sud-Est Européen » en 1996 au XVème Congrès de l’AISLF.

Depuis lors, trois ouvrages collectifs ont été publiés : Jacques L. Boucher, Guéorgui Fotev et Svetla Koleva (dirs.), Mutations de société et quête de sens. Une rencontre entre des sociologues bulgares et québécois, Éditions LIK, Sofia, 2001; Jacques L. Boucher et Joseph-Yvon Thériault (dirs.), Petites sociétés et minorités nationales. Enjeux politiques et perspectives comparées, Presses de l’Université du Québec, Québec, 2005; Mihaï Dinu Gheorghiu et Paul Arnault (dirs.), Les sciences sociales et leurs publics. Engagements et distanciation, Éditions de l’Université Alexandru Ioan Cuza, Iasi, Roumanie, 2013; Svetla Koleva (dir.), « Sociétés en mouvement : petites sociétés et intégration aux ensembles régionaux », disponible en ligne, 2014; Svetla Koleva (dir.), "Non-Hegemonistic Sociologies: From Contexts to Practices", Sociological Problems, XLVII, 2015. Aussi, quatre colloques ont été organisés, dont un symposium international, et des séances ont été tenues lors des cinq congrès consécutifs de l’AISLF (2000, 2004, 2008, 2012, 2016).

Pour en savoir plus, consulter également : Repenser la problématique du CR 24; Présentation 2016